Salut les terriens,

 

Si je n'ai pas donné de nouvelles plus tôt, c que les choses sont devenues compliquées, et ça c pas bien du tout, ni pour le moral, ni pour le bateau.

Ce qui a été très bien, c'est qu'aprés mon dernier msg, le vent a encore adonné, ce qui m'a permis d'aller chercher le passage le plus sud du Lau group la nuit de vendredi à samedi. Sauf que pas de bol, plus je m'aprochai d'ongea levu, plus ça refusait, hors il faut ensuite remonter pas mal au nord pour touver un passage acceptable de nuit à travers cette ligne récifalle qui coupe le pacifique du nord au sud. il a donc fallu etre sur le pont toute la nuit, et en arrivant aprés un court contre bord de 2/3mn au vent d'ongea levu, le pilote a commencé à merder. Si il ne sait plus barrer, c'est qu'il y a un couac dans le système de barre, vite détecté : une des 2 vis pointeau de la biellette de barre bâbord avait arraché son taraudage, super, après que la clavette qui tient l'axe soit tombée. Comment ? Surement après les efforts anormaux qu'avaient occasionné la rupture du boitier de safran une semaine plus tôt. Si ça tire anormalement fort, le pilote ne le sent pas et il arrache tout...c surement ce qu'il s'est produit. Bref, j'affale à 3h00 et me met à la dérive, 5MN au sud d'ongea levu, nuit noir et récif sous le vent, pas cool. j'avais calculé qu'au levé du jour, je pourrai rentrer dans cet atoll du bout du monde ou il n'y a probablement que des requins, fous et crabes de cocotier pour la peupler, afin de trouver une solution. Sauf que pour y rentrer, il fallait déjà trouver un premier remède au problème, ce que j'ai fait. Finalement, après avoir réparé, cuit mon pain dont la pate avait levé toute la nuit (pour ceux qui n'en n'ont jamais fait, c une horreur, la patte colle tant que ça peu, pire que l'époxy, porteur de bagouses s'abstenir, a rajputerde l'eau oude la frine, on sait plus trop et devos en aurait fait un très bon sketch !), fais un bon café chaud, j'ai finalement hissé et repris ma route à 6h00, pour ne pas perdre une miette du vent sud/sud est dont je bénéficiais, encore 36h00 maxi. Mer hachée et tordue toujours, vent 18/20 nœuds régulier par contre. Et la mer à fini par se calmer,et j'ai fait une superbe journée de nav, jusqu'à 15h30. A ce moment, le ciel en nuance de gris parsemé de nuages menaçants au milieu du lau bassin est devenu gris électrique, avec une lumière pas habituelle, la mer noire puis des cretes blanches rasantes et là, le vent est monté, 25, 30, alarme d'éolienne de survente qui rajoute une couche de stresse, puis 35 nœuds...et la bateau qui part à des vitesses folles. Trampoline sous le vent arraché,(en trés bon état, bout de transfillage

neuf)  oeillets, baches, bouts detruits...brutal, je vous le dit. Et même avec 3 ris ds la gv choquée et plus rien de vent, je filais entre 12 et 14 noeuds, plus ou moins en fuite car le vent est carrément passé sud ouest, en direction de cieux plus clément. J'ai pris 2 grosses déferlantes par le travers, dont une m'a vraiment fait peur. Je n'ai pas chaviré, mais c'était limite et heureusement que le bateau est solide, car la claque fut énorme. L'eau est rentrée de partout... 2h30 plus tard, ça repasse à 25, on a dans ces conditions l'impression qu'il n'y a plus de vent tant ça devient cool, alors que c'était les pics de vent vrai depuis le départ...et l'heure du diagnostique : jeu important dans le boitier de safran bâbord, celui qui travaille le plus sous le vent. L'étrier du bas tient encore grâce aux ud carbone en cravate réalisé sur les conseils de lulu...mais pour combien de temps ? je décide alors de me dérouter plus au nord vers vava'u, alors que j'étais en route directe pour Tongatapu, inespéré et totalement improbable ! mais à serrer le vent tant que je pouvais, j'ai réussi à gagner un degré dans le sud depuis mon départ de fiji, soit 60 mn, pas mal non ? et tout ça sans contre-bord, toujours tribord amure. Et meme avec 1.5 neouds de courant contraire et la marche arriere de 3h00 au lau group, j'ai une moyenne de 6.8 neouds sur 3 jours (542 mn), sans forcer puisque la mer étant mauvaise, j'étais sous gv à 2 ris là ou sur mer "plate" je porte tout.

Aprés une nuit blanche et une journée plus que mouvementée, j'étais franchement fatigué, et heureusement la nuit de samedi à dimanche fut bp plus cool, malgrés le ciel menaçant à la tombée de la nuit qui me faisait craindre un nouveau coup de sud ouest bestial. Mais au petit matin, la biellette de barre avait repris du jeu, et il n'y avait plus grand chose à faire, je resserrai et 5 min plus tard ça relachait. Donc on a composé avec, et la journée durant j'ai été au taquet pour arriver avant le nuit à vava'u. Pas de balisage, récifs frangeants en arrivant par le sud, pas le choix. 12h00 plus tôt j'avais une ETA à 18h50, et j'ai franchi le sud de vava'u à 18h30, avec un vent qui oscillait énormément, à régler en permanence et à checker le boitier de safran fatigué...qui à fini par céder à 10MN avant l'arrivée. J'avais prévu le coup et donc j'étais prêt pour cela, il ne m'a fallu que 5min pour récupérer le safran dans son boitier qui avait arraché ses etriers. Carbone ou pas, trop d'efforts et ça casse si ça travaille mal, logique. Je suis passé tout prés de l'île volcanique de Laté, 30MN avant vava'u. Plein d'oiseau et j'ai filmé tout ça, c tjrs bouversant de passer devant une ile inhabitée pourtant pas si petite, et un peu effrayant aussi avec son cratère bien distinct...Vous n'aurez aucun détail culinaire, ni de pêche, mes émotions ont été suffisement fortes côté nav' !

Je suis donc en sécurité depuis hier soir, aprés ces 3 jours de mer épics. J'ai mouillé sous l'île la plus proche de l'entrée sud, Ovaka, passé une nuit de sommeil nécessaire, et fait une belle nav' sous voile ce matin pour rejoindre le port de Neiafu, en slalomant entre les nombreux îlots de vava'u. Maintenant amarré sur un solide corps mort anticyclonique, clearance effectuée, je vais ranger le bateau, faire l'inventaire de tout ce qui doit être modifié pour finir cette route contre nature, et pour laquelle mon petit cata n'a jamais été conçu. Donc je rentre à tahiti, en avion, en laissant le bateau au meilleur endroit qui existe ds le pacifique pour protéger des cyclones, et je reviendrais avec ce qu'il faut en mars pour finir un peu plus raisonnablement ce parcours contre mer et vent jusqu'à tahiti.

 

sans regret, avec le discernement d'un bon père de famille...un peu allumé qd même !

 

Chers amis, la suite en 2015 si vous le voulez bien !

 

nico-un peu à mer