Quelques nouvelles des grugrus à bord de l'Ekolo'kat, alors que nous avons quitté tahiti le 14 novembre, depuis 2 semaines...juste le temps de se « nettoyer » du stress du départ et des mauvaises habitudes de la vie terrienne.

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 L'ami Benoit nous accompagne pour sortir de la passe Taapuna, et c'est grâce à ses talents de photographe que nous partageons ces belles photos.

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A bord, on compte les ampères qui entrent et sortent de nos batteries, ou encore l'eau douce bien précieux sur l'eau tandis que certains arrosent des terre-pleins à coup d'hectolitres pour figer quelques heures la poussière des terrains vagues en forme de parking à terre...triste contraste en terme d'économie et d'écologie. Nous avons la chance d'être équipé d'un dessalinisateur, un véritable luxe à bord de ce bateau qui ne souffre pas la charge d'un gros réservoir. Et ces nouveaux modes de consommation demandent un petit temps d'adaptation, avec un nouveau rythme de vie calqué sur les horaires du soleil aux escales, ou sur le rythme de la navigation entre deux étapes. La plus longue fut la traversée de Moorea a Huaine, en 13 petites heures pour 90 milles de nuit. Arrivée au petit matin au vent de l'île, avec un petit 12 nœud de vent avec l'angle qui nous permet de faire la passe à la voile, puis le chenal entre ile et récif qui nous amènera en baie d'Avea...quel plaisir après cette première nuit en mer de l'équipage et la première traversée du bateau.

 

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L'escale est salvatrice pour tous. Planche à voile, paddle, snorkeling et bonnes bouffes après l'apéro au sunset : on commence à souffler, et le champagne peut être sabré pour fêter le départ. Quelques détails à parfaire pour le système de barre et le pilote et deux lattes cassées...des bricoles qui seront réparées à Raiatea 3 jours plus tard.

Nous traversons entre les iles sous code 0, avec 18 nœuds de vent....le bateau est chargé mais le speedo monte à 12/13 nœuds régulièrement. Nous avalons les 20 premiers milles en 2h30, puis un courant contraire de 2 neouds conjugué à une baisse significative du vent nous freinent pour parcourir les 5 dernier milles.  Nous franchissons la passe nao nao au crépuscule, et un fois dans le lagon, le vent reprend un peu et la GV encore haute un instant oubliée nous propulse à 6/7 nœuds...je commence à arrondir à l'approche du motu nao nao et prépare l'affalage de la gv et boum...bing ;;;badaboouuummmm...crack : grosse tuile  nous sommes sur le reef. Arrivez trop tard, trop vite, trop pas ou il fallait exactement...une dérive était encore baissée, je redoute le pire, genre cassée en deux tant le choc a été violent. Les deux safrans se sont relevés, grâce aux goupilles fusibles en alu (pour une fois que je suis content que ce matériaux casse !=). Nous parvenons rapidement à nous extraire de ce mauvais pas en marche arrière une fois la gv affalée et la dérive relevée. Ouf, c'est déjà ça. Une fois mouillé, je vais inspecter la coque et la dérive avec une lampe sous-marine. D'habitude, j'évite ce genre d'exercice une fois la nuit tombé pour ne pas « déranger » mes amis les requins...là, tampis, il faut s'y coller : bilan plutôt positif : fond de coque bâbord bien rayée sur le 1/3 avant, et pied de dérive tribord endommagé. Nous prenons pas d'eau et la soirée se passe presque normalement, si ce n'est que je m'en veux terriblement d'être parti trop tard de Huaine, ou de ne pas avoir choisi un autre point d'atterrissage à Raiatea...l'appel du spot de rêve trop fort...

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Le lendemain matin, je retourne inspecter tout cela de plus près...c'est plus grave que vu la veille dans l'obscurité : je décèle deux déchirures franches du bordé de fond bâbord, au droit des cloisons. Ce qui explique qu'on ne prenne pas d'eau car il y a dans ces zones des reprises de stratification internes entre coque et cloison. On ne prend toujours pas l'eau, et c'est dimanche. On profites donc du spot à fond, avec une ballade sur le motu les pieds dans le sable à slalomer entre les Bernard Lhermitte, les nouveaux copains d'Hugo et Salomé. Difficile de ne pas en ramener une colonie à bord !

S'en suit une bonne pêche au poui poui (fusil sous marin en tahitien) : 6 beaux perroquets pour de bonnes grillades au déjeuner arrosées de sauce chien dont Mamyann a le secret . Nous appareillons alors pour l'aire de carénage de Uturoa, afin de pouvoir se faire sortir de l'eau lundi matin à la 1ere heure. Et la dite heure venue, aucun chantier n'a la place pour sortir notre petit cata avant la fin de semaine...enfer et damnation...quand allons-nous commencer à couler ? comment tenir le planning pour déposer papinou et mamyann aux Cooks ? et le timing pour éviter la période critique de la saison cyclonique...galère !

On se remotive, il faut trouver une solution : je tente une réparation sous l'eau, avec une pâte époxy à prise sous-marine...je suis sceptique, mais bizarrement cela semble adhèrer et durcit parfaitement dès le lendemain. Chaque jour je teste la résistance à l'arrachement de la réparation, mais c'est dur comme de la pierre et semble parfaitement collé à la coque : les plaies sont fermées. S'ensuit la réparation de la dérive tribord, que je fais moi-même à terre. Une fois sortie de son puits (intact), mauvaise surprise : les bords de fuite et d'attaque se sont ouverts sur presque toute la hauteur, et le carénage est déchiré à mi dérive. Heureusement, la structure interne en carbone époxy est intacte et l'ensemble se tient bien.

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Alain du chantier Marinalu avec qui je collabore régulièrement me prête un bout d'atelier ou je vais pouvoir réparer proprement la dérive endommagée. Super sympa et l'aire de carénage d'uturoa est à la fois efficace et agréable : shipchandler avec produits les plus importants, eau, létectricité, joli mouillage, ambiance relax. J'avais de mon côté prévu un kit de réparation spécial atoll isolé, avec une peu de résine époxy et des tissus mutiaxiaux. Bref toutes les conditions idéales pour faire du beau travail. La dérive est maintenant plus solide que d'origine !

En parallèle, je confie au chantier la fabrication de grosses platines en inox sur lesquelles je fais souder les femelots, ferrures reliant les safrans au tableaux arrière. Leur reprise sur tableau était trop faible et poinçonnaient la stratification, c'est maintenant corrigé avec ces solides plaques d'inox....au diable les kilos en trop, ça doit tenir !

3 jours plus tard, tout est réparé. Nous sommes invités à bord de Na maka de Nathalie et Jérôme, rencontrés à Aitutaki aux iles cooks deux et demi plus tôt, alors que j'accompagnais Mitch pour le convoyage de son bateau en Nouvelle calédonie. Eux reviennent de 2 ans de voyage et nous passons une excellente soirée en écoutant leurs récits des points marquants du beau voyage dans l'ouest que nous nous apprêtons à vivre.

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Nous avitaillons et partons pour Bora bora, vent d'est léger et descente sous spi....wizzzz...arrivée magique sous voile, nous mouillons entre le motu Toupua et le petit motu Tapu sur lequel Paul émile victor avait séjourner quelques années en fin de vie. Spot absolument magnifique, mouillé dans 1m20 d'eau, la piscine géante sur fond turquoise et le décor de rêve.

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Bora bora est vraiment une perle dans le pacifique, rien n'est surfait dans ce mythe.

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Au programme le lendemain, farniente, baignade avec raies et requins, et accessoirement, nous faisons notre clearance de départ à la gendarmerie de Vaitape. Nous avons notre permis de sortir de Polynésie, un symbole fort pour l'ouverture du grand voyage.

Le lendemain, nous appareillons pour Maupiti, situé à 27 milles dans l'ouest. Vent léger, 7 à 10 nœuds d'est NE, encore une fois sous spi, le bateau glisse formidablement malgrés sa surcharge pondérale et l'angle très abattu pour faire route.

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J'installe les portes cannes et nous mettons la ligne à l'eau avec un leurre vert flambant neuf. Le temps est voilé, et il parait que cette couleur fonctionne bien dans ces conditions. La vitesse tourne autour de 6 nœuds, parfait...2 heures plus tard, zzzzzzziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii...le moulinet s'affole et la canne se plie : prise !...nous affalons le spi et stoppons le bateau pour faciliter la remontée de la ligne. Au bout d'une bataille acharnée d'au moins ....20 minutes, c'est baltazar le thazard qui s'invite à bord. Belle pièce d'environ 12 kilos, yes !!! les enfants sont hystérique, les parents et grands-parents aussi ! L'instinct de chasseur si enfouit dans notre vite terrestre refait surface sans latence !

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Et nous reprenons notre descente sous spi vers la passe de Maupiti : le vent se resserre un peu et l'apparent augmente forcément : 7, 8, 9, 10 nœuds...avec moins de 10 neouds de vent réel je me régale à la barre. La passe de Maupiti est célèbre pour être difficile : houle contre-courant sortant produisent une marmite du diable et interdisent parfois l'accés au lagon. Mais ce jour là, faible houle de sud et vent léger...nous n'aurons pas plus de 1.5 nœuds de courant. Les cieux sont avec nous, pourvu que ça dur !

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L'escale sur ce lagon vert est enchanteuse : le relief si particulier de l'île centrale de Maupiti se reflète sur l'eau verte de son lagon, bordé de motus aux plages de sable blanc interminables...

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Ici, pas d'eau cristalline, mais plutôt trouble vu les fonds de sable blanc ultra fin, à la limite de la vase par endroits. Mais les photos parleront mieux que tous les mots pour décrire cela.

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Nous avons déposé Papinou et Mamyann à l'avion hier, et nous nous retrouvons en configuration famille restreinte avec nos deux enfants pour la suite de la croisière.

 

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Aujourd'hui, mercredi 28 novembre nous avons eu droit à la visite d'un raie manta au réveil, deux autres tournent actuellement autour du bateau.

Nous nous apprêtons à faire le tour de l'île en vélo, puis snorkeling au jardin de corail cet après-midi avant l'appareillage pour Maupiha, situé à 105 milles dans l'ouest. Nous ferons la route de nuit pour y arriver vers 12h00 le lendemain, cet atoll étant peu cartographié et assez chaud avec sa passe étroite...lumière de la mi journée impératif pour sonder les fonds à vue, et la suite au prochain épisode, depuis les iles cook.

Le voyage se poursuit et nous pensons bien fort à vous...