mercredi 15 octobre 2014

 

Et bien la réponse pour ma part est oui. Car mon optimisme n'évite pas le mauvais temps et ses incidences sur le matériel...

Nuit de galère, pourtant la journée d'hier démarrait bien. Laché du 2e puis du 1er ris, mer belle avec houle longue, 10 noeuds au prés avec un cap satisfaisant, grand soleil pour décorer le ciel et ses 15 noeuds de vent constant. Puis vers 16h00, ça forçit, 1er ris, puis le 2nd une heure plus tard car la mer devient bordélique. Et ça n'a fait que s'empirer, le bateau et le bonhomme étant trés mal menés dans une nuit noire sans lune. A 22h, le pilote s'est mis a déconner. Je reprend la barre, anormalement dure.

L'axe qui retient le safran en position basse a disparu, ok, enfilage de combi, on freine le bateau, harnais et hop s'est réparé. On repart, et je peux aller dormir un peu,bp même, voilure réduite car mer de plus en plus immonde. Des cratères océaniques à tout casser. Meme à 5 neouds le bateau retombait lourdement, à 8 les vagues se fracassaient sur lui. Bref, pas de bon rythme à trouver, merdique quelque soit la stratégie.

A 5h00, le pilote déconne de nouveau, le jour se lève et moi aussi, ça tombe bien. On est plus qu'à une trentaine de mille de Kandalevu ou j'ai decidé de m'arrêter car réparations nécessaires et vendredi annonce du vent plein est moyen de 20 neouds, soit des pointes à 30. Non merci, j'ai le choix et je me met à l'abris. A 6h00, un grand boum, la fixation en inox sur la bôme vient de s'arracher comme du plastique...c vraiment naze ce matériau, lourd, difficile à travailler, sans bonne résistance mécanique et ça rouille quand même !...je répare avec un bon bout en dyneema de 5.5g et 10 fois plus solide !

A 8h00, je barre depuis 2h, impossible de me faire un café, et un grand crac à l'arrière : le boitier de safran babord vient d'exploser. 10mm de bande de fibre unidirectionnel arraché, rien que ça. Heureusement, j'avais prévu le pire et j'avais assuré mon safran, que je récupère aprés avoir affalé le solent. Je n'ai donc plus de safran, et je décide de préserver l'autre démonté, donc je fais route au moteur en me servant de la gv comme gouvernail. ça marche trés bien, mais dans cette mer pourrie ça n'avance pas. 4h00 pour faire 15 malheureux milles, misère. Je suis dégouté par cette mésaventure qui met un coup dur à l'aventure. Je remonte mon safran encore valide 500m avant le mouillage, la mer est décidément infecte.

je suis maintenant mouillé en sécurité dans l'ouest de Kandalevu (sud de viti levu ile principale des Fiji). Un petit paradis. ET déjà les sympathiques bula des marins d'un petit caboteur qui veint de mouiller à côté de moi. J'aurai pu tomber plus mal !

Je viens enfin de manger pour la 1ere fois depuis 24h, et je vais faire une sieste pour retrouver mes esprits et prendre une décision pour la suite.

@+

nico l'anti héros

 

PS : distance parcourue de 802MN en 5 jours pile Poisition à 1h30 TU 19°07.649S 177°57.046E vitesse 0 cap on s'en fout...