Le temps passe et nous devons avancer dans notre voyage. Pour cela, le bateau a besoin d'une bonne halte au stand maintenance avant de traverser vers les Vanuatus. Nous quittons Yasawa Island pour rallier port Denarau le lundi matin à 6h00. Nous avons 60 MN à parcourir et il faut arriver de jour. Le vent ayant l'air un peu faible, nous prévoyons un dizaine d'heure. En fin de compte, nous aurons environ 10 nœuds jusqu'à Lautoka, de quoi nous propulser à 8 nœuds au « reaching » avec le petit solent. Nous mettons la ligne à l'eau, et prenons d'abord un énorme poisson que je n'arrive pas à identifier, famille de carangue à priori, mais pas sûr. Donc on le relâche aussitôt, et une heure plus tard, nous prenons un thon Yellow fin, excellent et qui va nous changer du Thazar que nous pêchons depuis le début de la croisière (avec des leurres différents !). Céline en prépare 6 portions dont 5 sont congelées aussitôt.

Arrivé à Denarau, changement de décor et d'ambiance. On passe du côté tribal authentique au port moderne et artificiel bordé de somptueuses villas de riches australiens et kiwis avec bateau au bout du jardin, entre les resorts du même standing et des yachts de luxe indécents d'opulence. Une enclave pour riches dans un pays pauvre. Dur contraste, mais nous sommes bien content de retrouver pour un petit laps de temps les codes de la société de consommation avec lesquels nous sommes malheureusement plus familier. Et surtout, c'est un paradis pour les « voileux » comme nous qui avons besoin d'une plateforme logistique où l'on trouve tous les services pour entretenir un bateau, tout en pouvant profiter d'une agréable marina avec de bons restaurants, petits concerts le soir (enfin toujours le même groupe qui revenait tous les soirs, au bout d'une semaine, on commençait à ne plus en pouvoir de leur répertoire !). Le personnel de la marina est très sympa, les prix très raisonnables, et ils me mettent gracieusement à disposition un bout de terre-plein et l'électricité pour que je puisse réparer ma dérive. J'avais ramené un peu de tissu de carbone de NZ, et la résine époxy est ici facile à trouver. Cela me permet de faire une belle réparation, solide et beaucoup plus légère que ce que j'avais pu faire avec ce que j'avais pu approvisionner aux Cooks, 2000 MN en arrière. En parallèle, nous faisons refaire le lazy bag de la GV dont les coutures ont toutes lâché, grillées par les UV, et les grands panneaux en PVC transparent du pare-brise jaunis par des poussières d'antifooling et de rouille lors du dernier carénage à Tahiti. "J'adore les chantiers de carénage et l'immondice qu'on y extrait des coques !". Je refais également le câblage du moteur, et approvisionne une grande longueur de garcette pour refaire le transfillage du trampoline qui commence à céder par endroits. Quelques lessives et un gros nettoyage du bateau du côté de Céline en parallèle, ainsi qu'une réparation du code 0 dont le nerf de chute avait été cousu au milieu de la chute par le voilier de Tahiti lors d'une réparation...donc impossible à régler et tout déformé.

5 jours plus tard, le bateau est prêt, nous sommes douchés (à l'eau chaude...la classe !) et rassasiés de restos et autres boutiques de fringues pour Céline. Les batteries sont à bloc pour l'équipage, et nous approvisionnons avant de faire les formalités de départ. Un peu compliqué encore une fois chez les fidjiens, qui nous réclament un papier que nous n'avons pas mais que nous aurions dû remplir auprès des douanes, et nous sommes menacés d'une grosse amende. Il me faut faire une déposition pour expliquer pourquoi je ne l'ai pas, alors que je prouve que j'ai acquitté toutes les formalités et les taxes dues...enfin, ils me font" bouh !" et finalement me la jouent cool, à condition de ne pas recommencer, car mon méfait est entré dans leur système...la vérité, c'est qu'ils ont reconnu que leur système était complexe, et qu'ils ont du mal à tout appliquer. Mais ils ne veulent surtout pas reconnaitre que tout cela mériterait d'être plus simple...plus il y a d'administration, plus il y a de boulot, aussi inutile soit-il !
Nous sommes finalement inspectés à bord par un agent de l'immigration de Lautoka, qui nous invite à quitter le territoire fidjien sur-le-champ. Ce que nous faisons en apparence, car il est 16h00 et que 30MN nous séparent de la passe de sortie. Entre les deux, des bancs récifaux de partout. On s'arrête donc juste avant la nuit devant un petit îlot, aux fonds coralliens que nous avons raclés avec les safrans faute de lumière...mais les fusibles d'échouage ont bien joué leur rôle et aucun dégât n'est à déplorer. Le lendemain, nous quittons définitivement Fiji, un peu triste car nous avons adoré, mais l'aventure doit continuer...cap sur les Vanuatus !

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